{"id":6596,"date":"2026-10-17T20:22:25","date_gmt":"2026-10-17T20:22:25","guid":{"rendered":"https:\/\/nextstoryus.com\/?p=6596"},"modified":"2026-10-17T20:22:25","modified_gmt":"2026-10-17T20:22:25","slug":"cliquez-ici-pour-continuer-la-lecture-avec-la-%f0%9f%91%89partie-3-premiere-partie-lenfant-dalger-la-musique-avant-le-cinema","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/nextstoryus.com\/?p=6596","title":{"rendered":"CLIQUEZ ICI POUR CONTINUER LA LECTURE AVEC LA \ud83d\udc49PARTIE 3- Premi\u00e8re partie \u2014 L&#8217;enfant d&#8217;Alger : la musique avant le cin\u00e9ma &#8230;."},"content":{"rendered":"<p>Voici cinq nouvelles parties pour approfondir encore ce parcours, en explorant des territoires jusqu&#8217;ici effleur\u00e9s : les figures paternelles qu&#8217;il a incarn\u00e9es, la voix qu&#8217;il a longtemps tue, les amiti\u00e9s d&#8217;\u00e9cran qui l&#8217;ont construit, les risques qu&#8217;il a pris, et enfin ce que le cin\u00e9ma fran\u00e7ais lui doit.<\/p>\n<h2 class=\"qwen-markdown-heading\" dir=\"ltr\"><span class=\"qwen-markdown-text\" data-spm-anchor-id=\"a2ty_o01.29997173.0.i166.7257c921HnfQZm\">Onzi\u00e8me partie \u2014 Les p\u00e8res \u00e0 l&#8217;\u00e9cran : une galerie de silences<\/span><\/h2>\n<div class=\"qwen-markdown-paragraph\" dir=\"ltr\"><span class=\"qwen-markdown-text\">Daniel Auteuil a jou\u00e9 beaucoup de p\u00e8res. Pas toujours des p\u00e8res biologiques, mais toujours des figures de transmission, de protection, parfois d&#8217;\u00e9chec. Ce th\u00e8me traverse son \u0153uvre comme une ligne souterraine, et il faut s&#8217;y arr\u00eater, car il dit beaucoup de l&#8217;homme et de l&#8217;acteur.<\/span><\/div>\n<div class=\"qwen-markdown-space\"><\/div>\n<div class=\"qwen-markdown-paragraph\" dir=\"ltr\"><span class=\"qwen-markdown-text\">Dans <\/span><em class=\"qwen-markdown-em\" dir=\"ltr\"><span class=\"qwen-markdown-text\">Jappeloup<\/span><\/em><span class=\"qwen-markdown-text\"> (2013), il incarne le p\u00e8re du cavalier Pierre Durand. Un homme de la terre, rude, qui ne comprend pas la passion de son fils pour un cheval trop petit, trop maigre, trop improbable. Le film repose enti\u00e8rement sur cette relation : un p\u00e8re qui ne sait pas dire \u00ab je t&#8217;aime \u00bb, un fils qui cherche d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9ment son approbation. Auteuil y trouve un registre qu&#8217;on lui avait peu demand\u00e9 : la paternit\u00e9 bourrue, faite de phrases courtes, de regards d\u00e9tourn\u00e9s, d&#8217;affection jamais formul\u00e9e mais toujours pr\u00e9sente. Quand le p\u00e8re finit par accepter le r\u00eave de son fils, ce n&#8217;est pas par un grand discours : c&#8217;est par un geste, une main pos\u00e9e sur une \u00e9paule, un silence qui en dit plus que mille mots.<\/span><\/div>\n<div class=\"qwen-markdown-space\"><\/div>\n<div class=\"qwen-markdown-paragraph\" dir=\"ltr\"><span class=\"qwen-markdown-text\">Dans <\/span><em class=\"qwen-markdown-em\" dir=\"ltr\"><span class=\"qwen-markdown-text\">Marius<\/span><\/em><span class=\"qwen-markdown-text\"> (2013), qu&#8217;il r\u00e9alise lui-m\u00eame, il choisit de jouer C\u00e9sar. Le r\u00f4le de Raimu. On mesure la d\u00e9mesure de l&#8217;entreprise. Mais ce qui frappe, c&#8217;est que C\u00e9sar est avant tout un p\u00e8re. Un p\u00e8re qui voit son fils partir vers la mer, vers l&#8217;inconnu, vers une vie qu&#8217;il ne comprend pas. Auteuil, \u00e0 soixante-trois ans, habite ce personnage avec une tendresse infinie. Il y met tout ce qu&#8217;il sait de la paternit\u00e9 : la fiert\u00e9, l&#8217;inqui\u00e9tude, l&#8217;impuissance \u00e0 retenir celui qu&#8217;on aime.<\/span><\/div>\n<div class=\"qwen-markdown-space\"><\/div>\n<div class=\"qwen-markdown-paragraph\" dir=\"ltr\"><span class=\"qwen-markdown-text\">Dans <\/span><em class=\"qwen-markdown-em\" dir=\"ltr\"><span class=\"qwen-markdown-text\">Le Hussard sur le toit<\/span><\/em><span class=\"qwen-markdown-text\"> (1995), son Angelo Pardi n&#8217;a pas d&#8217;enfant, mais il est un p\u00e8re pour une jeune femme qu&#8217;il prot\u00e8ge \u00e0 travers le chol\u00e9ra. Dans <\/span><em class=\"qwen-markdown-em\" dir=\"ltr\"><span class=\"qwen-markdown-text\">La Fille sur le pont<\/span><\/em><span class=\"qwen-markdown-text\"> (1999), son Gabin est un p\u00e8re de substitution pour Ad\u00e8le, cette jeune femme perdue qu&#8217;il recueille et qu&#8217;il aide \u00e0 rena\u00eetre. Dans <\/span><em class=\"qwen-markdown-em\" dir=\"ltr\"><span class=\"qwen-markdown-text\">Les Voleurs<\/span><\/em><span class=\"qwen-markdown-text\"> (1996), il est un fr\u00e8re qui tente de prot\u00e9ger sa s\u0153ur, jouant un r\u00f4le quasi paternel.<\/span><\/div>\n<div class=\"qwen-markdown-space\"><\/div>\n<div class=\"qwen-markdown-paragraph\" dir=\"ltr\"><span class=\"qwen-markdown-text\">Cette obsession des figures paternelles n&#8217;est pas un hasard. Auteuil lui-m\u00eame est p\u00e8re de plusieurs enfants, et il a toujours prot\u00e9g\u00e9 sa vie de famille avec une discr\u00e9tion absolue. Mais au-del\u00e0 de sa vie personnelle, il y a dans son jeu quelque chose de fondamentalement paternel : une mani\u00e8re d&#8217;\u00e9couter, de prot\u00e9ger, de ne jamais \u00e9craser l&#8217;autre. Quand il joue face \u00e0 une actrice plus jeune, il ne cherche jamais \u00e0 dominer : il cr\u00e9e un espace o\u00f9 elle peut exister pleinement. Cette qualit\u00e9 est rare chez les acteurs de sa g\u00e9n\u00e9ration, habitu\u00e9s \u00e0 occuper tout l&#8217;espace.<\/span><\/div>\n<div class=\"qwen-markdown-space\"><\/div>\n<div class=\"qwen-markdown-hr\">\n<hr \/>\n<\/div>\n<h2 class=\"qwen-markdown-heading\" dir=\"ltr\"><span class=\"qwen-markdown-text\">Douzi\u00e8me partie \u2014 La voix retrouv\u00e9e : quand le fils du baryton chante<\/span><\/h2>\n<div class=\"qwen-markdown-paragraph\" dir=\"ltr\"><span class=\"qwen-markdown-text\">Daniel Auteuil est n\u00e9 dans une maison o\u00f9 l&#8217;on chantait. Son p\u00e8re \u00e9tait baryton, sa m\u00e8re cantatrice. Les gammes, les arp\u00e8ges, les vocalises : voil\u00e0 le premier paysage sonore de son enfance. Pourtant, pendant des d\u00e9cennies, il n&#8217;a jamais chant\u00e9 au cin\u00e9ma. Il a choisi le th\u00e9\u00e2tre, puis la cam\u00e9ra, mais il a laiss\u00e9 la musique de c\u00f4t\u00e9, comme si elle appartenait \u00e0 un territoire trop intime, trop familial, trop sacr\u00e9.<\/span><\/div>\n<div class=\"qwen-markdown-space\"><\/div>\n<div class=\"qwen-markdown-paragraph\" dir=\"ltr\"><span class=\"qwen-markdown-text\">Il fallut attendre 2010 pour qu&#8217;il accepte enfin de chanter \u00e0 l&#8217;\u00e9cran. Dans <\/span><em class=\"qwen-markdown-em\" dir=\"ltr\"><span class=\"qwen-markdown-text\">Ces amours-l\u00e0<\/span><\/em><span class=\"qwen-markdown-text\">, de Claude Lelouch, il interpr\u00e8te une chanson. Ce n&#8217;est pas une prouesse vocale, pas un r\u00e9cital : c&#8217;est un moment de gr\u00e2ce simple, o\u00f9 l&#8217;on entend enfin la voix du fils du baryton. Lelouch, qui est un cin\u00e9aste de la m\u00e9moire et de la nostalgie, a sans doute senti qu&#8217;il y avait l\u00e0 quelque chose de pr\u00e9cieux : un acteur qui, tardivement, renoue avec son h\u00e9ritage le plus profond.<\/span><\/div>\n<div class=\"qwen-markdown-space\"><\/div>\n<div class=\"qwen-markdown-paragraph\" dir=\"ltr\"><span class=\"qwen-markdown-text\">Ce moment est d&#8217;autant plus \u00e9mouvant qu&#8217;il intervient tard dans sa carri\u00e8re. Auteuil a soixante ans lorsqu&#8217;il chante pour la premi\u00e8re fois au cin\u00e9ma. Il a fallu tout ce temps pour qu&#8217;il accepte de se montrer dans cette intimit\u00e9. Peut-\u00eatre parce que chanter, pour lui, ce n&#8217;\u00e9tait pas un acte artistique comme un autre : c&#8217;\u00e9tait un retour vers les parents, vers la maison d&#8217;Alger, vers les voix qui r\u00e9sonnaient dans les couloirs de son enfance.<\/span><\/div>\n<div class=\"qwen-markdown-space\"><\/div>\n<div class=\"qwen-markdown-paragraph\" dir=\"ltr\"><span class=\"qwen-markdown-text\">Cette voix, on l&#8217;entend aussi dans son rapport au texte. Auteuil est un acteur de la diction, de la pr\u00e9cision verbale, du rythme des phrases. Quand il joue Moli\u00e8re au th\u00e9\u00e2tre, quand il dit les dialogues de Sautet ou de Pagnol, on entend la musique des mots. Il ne se contente pas de dire un texte : il le chante, \u00e0 sa mani\u00e8re, avec une attention particuli\u00e8re aux voyelles, aux silences, aux respirations. C&#8217;est sans doute l&#8217;h\u00e9ritage le plus profond de ses parents : cette conscience que la voix est un instrument, qu&#8217;elle se travaille, qu&#8217;elle ne se poss\u00e8de jamais d\u00e9finitivement.<\/span><\/div>\n<div class=\"qwen-markdown-space\"><\/div>\n<div class=\"qwen-markdown-hr\">\n<hr \/>\n<\/div>\n<h2 class=\"qwen-markdown-heading\" dir=\"ltr\"><span class=\"qwen-markdown-text\">Treizi\u00e8me partie \u2014 Les fraternit\u00e9s d&#8217;\u00e9cran : Depardieu, Noiret, Marielle, Johnny<\/span><\/h2>\n<div class=\"qwen-markdown-paragraph\" dir=\"ltr\"><span class=\"qwen-markdown-text\">Daniel Auteuil n&#8217;a pas seulement jou\u00e9 avec des actrices : il a construit des fraternit\u00e9s d&#8217;\u00e9cran avec des hommes, des complicit\u00e9s qui ont marqu\u00e9 son parcours et, souvent, le cin\u00e9ma fran\u00e7ais tout entier.<\/span><\/div>\n<div class=\"qwen-markdown-space\"><\/div>\n<div class=\"qwen-markdown-paragraph\" dir=\"ltr\"><span class=\"qwen-markdown-text\">La premi\u00e8re, la plus \u00e9vidente, c&#8217;est G\u00e9rard Depardieu. Ils se rencontrent sur <\/span><em class=\"qwen-markdown-em\" dir=\"ltr\"><span class=\"qwen-markdown-text\">Jean de Florette<\/span><\/em><span class=\"qwen-markdown-text\"> en 1986. Auteuil a trente-six ans, Depardieu trente-huit. Ils sont tous deux au sommet de leur art, mais dans des registres tr\u00e8s diff\u00e9rents. Depardieu est la puissance brute, la g\u00e9n\u00e9rosit\u00e9 d\u00e9sordonn\u00e9e, l&#8217;occupation massive de l&#8217;espace. Auteuil est la retenue, la pr\u00e9cision, l&#8217;effacement. Leur collaboration fonctionne pr\u00e9cis\u00e9ment parce qu&#8217;ils ne se ressemblent pas. Dans <\/span><em class=\"qwen-markdown-em\" dir=\"ltr\"><span class=\"qwen-markdown-text\">36, quai des Orf\u00e8vres<\/span><\/em><span class=\"qwen-markdown-text\"> (2004), d&#8217;Olivier Marchal, ils se retrouvent vingt ans plus tard dans un face-\u00e0-face de flics rivaux. Cette fois, ce n&#8217;est plus la complicit\u00e9 : c&#8217;est l&#8217;affrontement. Mais on sent, sous la rivalit\u00e9 de fa\u00e7ade, le respect mutuel de deux acteurs qui savent qu&#8217;ils ont, chacun \u00e0 leur mani\u00e8re, port\u00e9 le cin\u00e9ma fran\u00e7ais \u00e0 bout de bras.<\/span><\/div>\n<div class=\"qwen-markdown-space\"><\/div>\n<div class=\"qwen-markdown-paragraph\" dir=\"ltr\"><span class=\"qwen-markdown-text\">Avec Philippe Noiret et Jean-Pierre Marielle, dans <\/span><em class=\"qwen-markdown-em\" dir=\"ltr\"><span class=\"qwen-markdown-text\">Les Grands Ducs<\/span><\/em><span class=\"qwen-markdown-text\"> (1996), de Patrice Leconte, Auteuil trouve une autre forme de fraternit\u00e9. Trois acteurs de g\u00e9n\u00e9rations diff\u00e9rentes, trois carri\u00e8res qui se croisent, trois hommes qui jouent des com\u00e9diens sur le retour. Le film est une com\u00e9die tendre sur l&#8217;\u00e9chec, sur l&#8217;amiti\u00e9, sur la fin des illusions. Auteuil, au milieu de ces deux g\u00e9ants, trouve sa place avec une humilit\u00e9 rare. Il ne cherche pas \u00e0 briller : il \u00e9coute, il r\u00e9agit, il laisse Noiret et Marielle occuper l&#8217;espace. C&#8217;est peut-\u00eatre dans ce film qu&#8217;il est le plus touchant, parce qu&#8217;il y joue un homme qui accepte de n&#8217;\u00eatre plus le premier r\u00f4le.<\/span><\/div>\n<div class=\"qwen-markdown-space\"><\/div>\n<div class=\"qwen-markdown-paragraph\" dir=\"ltr\"><span class=\"qwen-markdown-text\">Avec Johnny Hallyday, dans <\/span><em class=\"qwen-markdown-em\" dir=\"ltr\"><span class=\"qwen-markdown-text\">L&#8217;Homme du train<\/span><\/em><span class=\"qwen-markdown-text\"> (2002), toujours de Leconte, la rencontre est plus inattendue encore. Johnny n&#8217;est pas vraiment un acteur : c&#8217;est une star, une l\u00e9gende, un mythe. Auteuil, lui, est l&#8217;acteur de l&#8217;ombre, de la pr\u00e9cision, du travail. Leur alchimie fonctionne parce qu&#8217;ils ne se ressemblent pas. Auteuil, par sa retenue m\u00eame, permet \u00e0 Johnny d&#8217;exister autrement que comme chanteur : comme acteur, avec un visage fatigu\u00e9, une menace sourde, une vuln\u00e9rabilit\u00e9 qu&#8217;il n&#8217;avait jamais montr\u00e9e ainsi. Leur complicit\u00e9 d\u00e9passera le tournage, et Johnny, qui n&#8217;\u00e9tait pas tendre avec ses confr\u00e8res, aura toujours pour Auteuil une admiration sinc\u00e8re.<\/span><\/div>\n<div class=\"qwen-markdown-space\"><\/div>\n<div class=\"qwen-markdown-paragraph\" dir=\"ltr\"><span class=\"qwen-markdown-text\">Ces fraternit\u00e9s d&#8217;\u00e9cran disent quelque chose d&#8217;essentiel chez Auteuil : il n&#8217;a pas besoin d&#8217;\u00eatre le seul au centre de l&#8217;image pour exister. Il sait partager, \u00e9couter, laisser l&#8217;autre briller. Cette qualit\u00e9 est peut-\u00eatre la plus rare chez les grands acteurs, et c&#8217;est elle qui lui a permis de travailler si longtemps, avec tant de r\u00e9alisateurs diff\u00e9rents, sans jamais lasser.<\/span><\/div>\n<div class=\"qwen-markdown-space\"><\/div>\n<div class=\"qwen-markdown-hr\">\n<hr \/>\n<\/div>\n<h2 class=\"qwen-markdown-heading\" dir=\"ltr\"><span class=\"qwen-markdown-text\">Quatorzi\u00e8me partie \u2014 Les prises de risque : les films qui auraient pu le perdre<\/span><\/h2>\n<div class=\"qwen-markdown-paragraph\" dir=\"ltr\"><span class=\"qwen-markdown-text\">Daniel Auteuil n&#8217;a pas toujours choisi la facilit\u00e9. Tout au long de sa carri\u00e8re, il a accept\u00e9 des r\u00f4les qui auraient pu le perdre, des personnages antipathiques, des films difficiles, des mises en sc\u00e8ne exigeantes. Ces prises de risque sont ce qui fait de lui un acteur complet, et non une simple star.<\/span><\/div>\n<div class=\"qwen-markdown-space\"><\/div>\n<div class=\"qwen-markdown-paragraph\" dir=\"ltr\"><span class=\"qwen-markdown-text\">Le premier de ces risques, c&#8217;est <\/span><em class=\"qwen-markdown-em\" dir=\"ltr\"><span class=\"qwen-markdown-text\">L&#8217;Adversaire<\/span><\/em><span class=\"qwen-markdown-text\"> (2002), de Nicole Garcia. Il y incarne Jean-Claude Romand, cet homme qui a menti pendant des ann\u00e9es \u00e0 sa famille, se faisant passer pour un m\u00e9decin, avant d&#8217;assassiner sa femme, ses enfants et ses parents. Comment jouer un tel personnage sans l&#8217;excuser, sans en faire un monstre de th\u00e9\u00e2tre, sans offrir au spectateur la consolation d&#8217;un coupable spectaculaire ? Auteuil choisit la banalit\u00e9. Il joue Romand comme un homme ordinaire, mou, vide, incapable de regarder les autres en face. C&#8217;est peut-\u00eatre sa performance la plus d\u00e9rangeante, pr\u00e9cis\u00e9ment parce qu&#8217;elle refuse de rassurer.<\/span><\/div>\n<div class=\"qwen-markdown-space\"><\/div>\n<div class=\"qwen-markdown-paragraph\" dir=\"ltr\"><span class=\"qwen-markdown-text\">Dans <\/span><em class=\"qwen-markdown-em\" dir=\"ltr\"><span class=\"qwen-markdown-text\">Cach\u00e9<\/span><\/em><span class=\"qwen-markdown-text\"> (2005), de Michael Haneke, il prend un autre risque. Il accepte de jouer un homme qui a menti dans son enfance, un mensonge qui a co\u00fbt\u00e9 la vie \u00e0 un gar\u00e7on alg\u00e9rien. Haneke avait besoin d&#8217;un visage rassurant, d&#8217;un acteur aim\u00e9 du public, pour que le malaise fonctionne. Auteuil accepte ce r\u00f4le ingrat, o\u00f9 il doit \u00eatre ha\u00efssable sans jamais le montrer explicitement. Le film se termine sur un plan fixe d&#8217;une dur\u00e9e presque impossible, o\u00f9 quelque chose se dit \u2014 ou ne se dit pas \u2014 sans que la cam\u00e9ra daigne nous le montrer. Pour un acteur n\u00e9 \u00e0 Alger, le sc\u00e9nario avait une r\u00e9sonance intime que le r\u00e9alisateur n&#8217;avait peut-\u00eatre pas enti\u00e8rement pr\u00e9vue.<\/span><\/div>\n<div class=\"qwen-markdown-space\"><\/div>\n<div class=\"qwen-markdown-paragraph\" dir=\"ltr\"><span class=\"qwen-markdown-text\">Dans <\/span><em class=\"qwen-markdown-em\" dir=\"ltr\"><span class=\"qwen-markdown-text\">Quand vient l&#8217;automne<\/span><\/em><span class=\"qwen-markdown-text\"> (2023), de Fran\u00e7ois Ozon, il prend encore un risque : celui de vieillir \u00e0 l&#8217;\u00e9cran, sans fard, sans tricher. Il y incarne un homme fragile, dont le corps commence \u00e0 le trahir, dont la m\u00e9moire joue des tours. Ozon, qui aime filmer ses acteurs dans leur v\u00e9rit\u00e9 la plus nue, capte sur le visage d&#8217;Auteuil une m\u00e9lancolie magnifique. Il n&#8217;y a aucune coquetterie dans ce r\u00f4le, seulement la dignit\u00e9 d&#8217;un homme qui sait que le temps lui est compt\u00e9.<\/span><\/div>\n<div class=\"qwen-markdown-space\"><\/div>\n<div class=\"qwen-markdown-paragraph\" dir=\"ltr\"><span class=\"qwen-markdown-text\">Ces prises de risque sont ce qui distingue Auteuil des acteurs qui ne cherchent que la gloire ou le confort. Il accepte de d\u00e9plaire, de d\u00e9ranger, de montrer ses failles. Et c&#8217;est pr\u00e9cis\u00e9ment ce qui le rend si attachant : on sent, derri\u00e8re chaque r\u00f4le, un homme qui ne se cache pas derri\u00e8re son personnage, mais qui s&#8217;y expose.<\/span><\/div>\n<div class=\"qwen-markdown-space\"><\/div>\n<div class=\"qwen-markdown-hr\">\n<hr \/>\n<\/div>\n<h2 class=\"qwen-markdown-heading\" dir=\"ltr\"><span class=\"qwen-markdown-text\">Quinzi\u00e8me partie \u2014 L&#8217;h\u00e9ritage : ce que le cin\u00e9ma fran\u00e7ais doit \u00e0 Daniel Auteuil<\/span><\/h2>\n<div class=\"qwen-markdown-paragraph\" dir=\"ltr\"><span class=\"qwen-markdown-text\">Que doit le cin\u00e9ma fran\u00e7ais \u00e0 Daniel Auteuil ? Beaucoup, sans doute, mais surtout quelque chose d&#8217;essentiel : la preuve qu&#8217;un acteur peut \u00eatre \u00e0 la fois populaire et exigeant, \u00e0 la fois star et artisan, \u00e0 la fois aim\u00e9 du grand public et respect\u00e9 des cin\u00e9philes.<\/span><\/div>\n<div class=\"qwen-markdown-space\"><\/div>\n<div class=\"qwen-markdown-paragraph\" dir=\"ltr\"><span class=\"qwen-markdown-text\">Cette double appartenance est rare. Beaucoup d&#8217;acteurs choisissent un camp : soit le cin\u00e9ma d&#8217;auteur, soit le divertissement. Auteuil, lui, a toujours navigu\u00e9 entre les deux, sans jamais trahir ni l&#8217;un ni l&#8217;autre. Il a jou\u00e9 dans des films qui ont rempli des millions de salles (<\/span><em class=\"qwen-markdown-em\" dir=\"ltr\"><span class=\"qwen-markdown-text\">Le Placard<\/span><\/em><span class=\"qwen-markdown-text\">, <\/span><em class=\"qwen-markdown-em\" dir=\"ltr\"><span class=\"qwen-markdown-text\">Jappeloup<\/span><\/em><span class=\"qwen-markdown-text\">, <\/span><em class=\"qwen-markdown-em\" dir=\"ltr\"><span class=\"qwen-markdown-text\">Le Bossu<\/span><\/em><span class=\"qwen-markdown-text\">), et dans des films qui ont d\u00e9concert\u00e9 les spectateurs (<\/span><em class=\"qwen-markdown-em\" dir=\"ltr\"><span class=\"qwen-markdown-text\">Cach\u00e9<\/span><\/em><span class=\"qwen-markdown-text\">, <\/span><em class=\"qwen-markdown-em\" dir=\"ltr\"><span class=\"qwen-markdown-text\">L&#8217;Adversaire<\/span><\/em><span class=\"qwen-markdown-text\">). Il a travaill\u00e9 avec les plus grands r\u00e9alisateurs fran\u00e7ais (Sautet, T\u00e9chin\u00e9, Leconte, Ozon), et avec des cin\u00e9astes \u00e9trangers (Haneke, Van Dormael). Il a \u00e9t\u00e9 Ugolin, St\u00e9phane, Lagard\u00e8re, Georges, C\u00e9sar, Henri de Navarre, Angelo Pardi, Fran\u00e7ois Pignon, Harry, Gabin, le p\u00e8re de Pierre Durand, Jean-Claude Romand. Autant de visages, autant de vies, autant d&#8217;hommes diff\u00e9rents.<\/span><\/div>\n<div class=\"qwen-markdown-space\"><\/div>\n<div class=\"qwen-markdown-paragraph\" dir=\"ltr\"><span class=\"qwen-markdown-text\">Mais au-del\u00e0 de cette diversit\u00e9, il y a une constante : celle d&#8217;un acteur qui n&#8217;a jamais cherch\u00e9 \u00e0 plaire, mais \u00e0 croire. Il n&#8217;a jamais jou\u00e9 pour qu&#8217;on l&#8217;aime : il a jou\u00e9 pour qu&#8217;on croie en son personnage. Cette honn\u00eatet\u00e9 fondamentale est ce qui fait de lui l&#8217;un des plus grands acteurs fran\u00e7ais de sa g\u00e9n\u00e9ration.<\/span><\/div>\n<div class=\"qwen-markdown-space\"><\/div>\n<div class=\"qwen-markdown-paragraph\" dir=\"ltr\"><span class=\"qwen-markdown-text\">Aujourd&#8217;hui, \u00e0 soixante-seize ans, il est toujours l\u00e0. Toujours devant une cam\u00e9ra, toujours sur les planches, toujours pr\u00eat \u00e0 prendre un risque. Il a connu la gloire tardive, les amours tumultueuses, les doutes, les deuils. Il a travers\u00e9 cinquante ans de cin\u00e9ma fran\u00e7ais, de la Nouvelle Vague finissante aux films d&#8217;Ozon. Il a vu le cin\u00e9ma changer, \u00e9voluer, se transformer. Et lui, il est rest\u00e9 le m\u00eame : un artisan patient, un homme de l&#8217;ombre, un acteur qui sait que son m\u00e9tier n&#8217;est pas de briller, mais de dispara\u00eetre derri\u00e8re le personnage.<\/span><\/div>\n<div class=\"qwen-markdown-space\"><\/div>\n<div class=\"qwen-markdown-paragraph\" dir=\"ltr\"><span class=\"qwen-markdown-text\">Voil\u00e0 ce que le cin\u00e9ma fran\u00e7ais doit \u00e0 Daniel Auteuil : la preuve qu&#8217;un acteur peut \u00eatre grand sans \u00eatre vaniteux, populaire sans \u00eatre facile, exigeant sans \u00eatre \u00e9litiste. Il est, \u00e0 sa mani\u00e8re, un mod\u00e8le pour toutes les g\u00e9n\u00e9rations qui suivent. Et quand on le regarde aujourd&#8217;hui, \u00e0 l&#8217;\u00e9cran ou sur les planches, on se dit qu&#8217;il y a encore, dans ce m\u00e9tier si difficile, quelque chose d&#8217;essentiel : la possibilit\u00e9 de dispara\u00eetre pour mieux exister.<\/span><\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Voici cinq nouvelles parties pour approfondir encore ce parcours, en explorant des territoires jusqu&#8217;ici effleur\u00e9s : les figures paternelles qu&#8217;il a incarn\u00e9es, la voix qu&#8217;il a longtemps tue, les amiti\u00e9s &hellip; <\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":3333,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[23,21,22,1,5,20],"tags":[],"class_list":["post-6596","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-aita","category-daily-article","category-reddit-stories","category-story","category-story-daily","category-viral-story"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/nextstoryus.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/6596","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/nextstoryus.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/nextstoryus.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/nextstoryus.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/nextstoryus.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=6596"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/nextstoryus.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/6596\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":6597,"href":"https:\/\/nextstoryus.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/6596\/revisions\/6597"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/nextstoryus.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/3333"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/nextstoryus.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=6596"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/nextstoryus.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=6596"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/nextstoryus.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=6596"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}