{"id":6595,"date":"2026-10-17T20:22:38","date_gmt":"2026-10-17T20:22:38","guid":{"rendered":"https:\/\/nextstoryus.com\/?p=6595"},"modified":"2026-10-17T20:22:38","modified_gmt":"2026-10-17T20:22:38","slug":"partie-2-premiere-partie-lenfant-dalger-la-musique-avant-le-cinema","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/nextstoryus.com\/?p=6595","title":{"rendered":"PARTIE 2- Premi\u00e8re partie \u2014 L&#8217;enfant d&#8217;Alger : la musique avant le cin\u00e9ma &#8230;."},"content":{"rendered":"<p>Pour aller plus loin dans l&#8217;exploration de cette filmographie et de cette vie si denses, voici cinq nouvelles parties. Elles s&#8217;attachent \u00e0 d&#8217;autres facettes de son parcours : son amour indestructible pour les planches, ses m\u00e9tamorphoses physiques, ses alchimies \u00e0 l&#8217;\u00e9cran, son attachement visc\u00e9ral au Sud, et enfin, la mani\u00e8re dont il habite aujourd&#8217;hui son \u00e2ge m\u00fbr devant la cam\u00e9ra.<\/p>\n<h2 class=\"qwen-markdown-heading\" dir=\"ltr\"><span class=\"qwen-markdown-text\" data-spm-anchor-id=\"a2ty_o01.29997173.0.i156.7257c921HnfQZm\">Sixi\u00e8me partie \u2014 Le th\u00e9\u00e2tre, le refuge et l&#8217;\u00e9preuve du feu<\/span><\/h2>\n<div class=\"qwen-markdown-paragraph\" dir=\"ltr\"><span class=\"qwen-markdown-text\">Si le cin\u00e9ma a fait de Daniel Auteuil une star, le th\u00e9\u00e2tre est le lieu o\u00f9 il a appris \u00e0 \u00eatre un acteur. Et contrairement \u00e0 beaucoup de ses confr\u00e8res qui, une fois c\u00e9l\u00e8bres, d\u00e9laissent les planches pour la commodit\u00e9 des plateaux de tournage, Auteuil y est toujours retourn\u00e9. Le th\u00e9\u00e2tre n&#8217;est pas pour lui une parenth\u00e8se, une r\u00e9cr\u00e9ation ou un moyen de payer ses factures entre deux films : c&#8217;est son laboratoire, son exigence premi\u00e8re.<\/span><\/div>\n<div class=\"qwen-markdown-space\"><\/div>\n<div class=\"qwen-markdown-paragraph\" dir=\"ltr\"><span class=\"qwen-markdown-text\">Au cin\u00e9ma, un acteur peut se permettre l&#8217;approximation, car le montage viendra corriger ses h\u00e9sitations, et le cadre masquera ses failles. Au th\u00e9\u00e2tre, rien ne pardonne. Le corps est enti\u00e8rement expos\u00e9, la voix doit porter jusqu&#8217;au dernier rang sans micro (ou presque), et le texte doit \u00eatre su avec une pr\u00e9cision absolue. Pour un homme qui a grandi dans une maison o\u00f9 la musique \u00e9tait une discipline de fer, cette rigueur est une seconde nature.<\/span><\/div>\n<div class=\"qwen-markdown-space\"><\/div>\n<div class=\"qwen-markdown-paragraph\" dir=\"ltr\"><span class=\"qwen-markdown-text\">On se souvient de ses d\u00e9buts tardifs mais \u00e9clatants dans <\/span><em class=\"qwen-markdown-em\" dir=\"ltr\"><span class=\"qwen-markdown-text\">Harold et Maude<\/span><\/em><span class=\"qwen-markdown-text\"> sur les planches parisiennes, o\u00f9 il avait d\u00fb affronter le regard d&#8217;un public venu voir une star de cin\u00e9ma. Mais c&#8217;est dans le r\u00e9pertoire classique qu&#8217;il a puis\u00e9 ses plus belles satisfactions. Lorsqu&#8217;il s&#8217;attaque \u00e0 Moli\u00e8re, par exemple dans <\/span><em class=\"qwen-markdown-em\" dir=\"ltr\"><span class=\"qwen-markdown-text\">Le Malade imaginaire<\/span><\/em><span class=\"qwen-markdown-text\">, il ne cherche pas \u00e0 faire du &#8220;th\u00e9\u00e2tre de mus\u00e9e&#8221;. Il y apporte sa verve populaire, son sens du rythme comique, et une physicalit\u00e9 qui rappelle que Moli\u00e8re \u00e9tait d&#8217;abord un homme de farce et de mouvement.<\/span><\/div>\n<div class=\"qwen-markdown-space\"><\/div>\n<div class=\"qwen-markdown-paragraph\" dir=\"ltr\"><span class=\"qwen-markdown-text\">Le th\u00e9\u00e2tre permet aussi \u00e0 Auteuil de renouer avec l&#8217;imm\u00e9diatet\u00e9. Au cin\u00e9ma, une sc\u00e8ne peut \u00eatre tourn\u00e9e vingt fois, sous des angles diff\u00e9rents, jusqu&#8217;\u00e0 ce que le r\u00e9alisateur obtienne ce qu&#8217;il veut. Au th\u00e9\u00e2tre, l&#8217;erreur fait partie du spectacle. Le public est l\u00e0, vivant, respirant, r\u00e9agissant. Auteuil a souvent confi\u00e9 que c&#8217;est sur sc\u00e8ne qu&#8217;il se sent le plus vuln\u00e9rable, et donc le plus vivant. C&#8217;est l\u00e0 qu&#8217;il v\u00e9rifie, soir apr\u00e8s soir, que son m\u00e9tier n&#8217;est pas une acquisition d\u00e9finitive, mais un \u00e9quilibre pr\u00e9caire qu&#8217;il faut reconqu\u00e9rir \u00e0 chaque lever de rideau.<\/span><\/div>\n<div class=\"qwen-markdown-space\"><\/div>\n<div class=\"qwen-markdown-paragraph\" dir=\"ltr\"><span class=\"qwen-markdown-text\">Cette double vie, entre l&#8217;intimit\u00e9 extr\u00eame du gros plan cin\u00e9matographique et la projection n\u00e9cessaire du plateau th\u00e9\u00e2tral, est ce qui donne \u00e0 son jeu cette amplitude si rare. Il sait chuchoter pour une cam\u00e9ra qui capte le battement d&#8217;une paupi\u00e8re, et il sait habiter un espace de dix m\u00e8tres carr\u00e9s pour que le fond de la salle entende son silence.<\/span><\/div>\n<div class=\"qwen-markdown-space\"><\/div>\n<div class=\"qwen-markdown-hr\">\n<hr \/>\n<\/div>\n<h2 class=\"qwen-markdown-heading\" dir=\"ltr\"><span class=\"qwen-markdown-text\">Septi\u00e8me partie \u2014 Le Bossu, le masque et l&#8217;\u00e9p\u00e9e<\/span><\/h2>\n<div class=\"qwen-markdown-paragraph\" dir=\"ltr\"><span class=\"qwen-markdown-text\">Il y a dans la filmographie d&#8217;Auteuil un film qui fascine souvent les cin\u00e9philes, car il prouve que l&#8217;acteur de l&#8217;ombre et du trouble sait aussi \u00eatre un h\u00e9ros de lumi\u00e8re et d&#8217;action : <\/span><em class=\"qwen-markdown-em\" dir=\"ltr\"><span class=\"qwen-markdown-text\">Le Bossu<\/span><\/em><span class=\"qwen-markdown-text\">, r\u00e9alis\u00e9 par Philippe de Broca en 1997.<\/span><\/div>\n<div class=\"qwen-markdown-space\"><\/div>\n<div class=\"qwen-markdown-paragraph\" dir=\"ltr\"><span class=\"qwen-markdown-text\">Adapter le roman de Paul F\u00e9val est un pari. Le public conna\u00eet l&#8217;histoire, la c\u00e9l\u00e8bre r\u00e9plique (\u00ab Si tu ne viens pas \u00e0 Lagard\u00e8re, Lagard\u00e8re ira \u00e0 toi \u00bb), et les pr\u00e9c\u00e9dentes adaptations, dont celle mythique d&#8217;Andr\u00e9 Hunebelle avec Jean Marais. Auteuil, lui, n&#8217;a rien du h\u00e9ros de cape et d&#8217;\u00e9p\u00e9e traditionnel. Il n&#8217;a pas la stature de Jean Marais. Mais il a quelque chose de plus pr\u00e9cieux : une intelligence du personnage et une gr\u00e2ce physique surprenante.<\/span><\/div>\n<div class=\"qwen-markdown-space\"><\/div>\n<div class=\"qwen-markdown-paragraph\" dir=\"ltr\"><span class=\"qwen-markdown-text\">Pour jouer Lagard\u00e8re, d\u00e9guis\u00e9 en bossu une grande partie du film, Auteuil s&#8217;impose une contrainte physique \u00e9puisante. Il ne se contente pas de courber le dos ; il modifie sa d\u00e9marche, sa respiration, la fa\u00e7on dont il tient son \u00e9p\u00e9e quand il est bossu, et la fa\u00e7on dont il la tient quand il se redresse. Le contraste est saisissant. Lorsqu&#8217;il \u00f4te son masque et son fardeau, le mouvement est lib\u00e9r\u00e9, l&#8217;escrime devient fluide, presque dans\u00e9e.<\/span><\/div>\n<div class=\"qwen-markdown-space\"><\/div>\n<div class=\"qwen-markdown-paragraph\" dir=\"ltr\"><span class=\"qwen-markdown-text\">Ce film a \u00e9t\u00e9 un immense succ\u00e8s populaire, rappelant au grand public qu&#8217;Auteuil savait aussi divertir, rire, et se battre. Mais c&#8217;est surtout dans la com\u00e9die pure qu&#8217;il a ensuite d\u00e9ploy\u00e9 ce talent du d\u00e9guisement et du timing.<\/span><\/div>\n<div class=\"qwen-markdown-space\"><\/div>\n<div class=\"qwen-markdown-paragraph\" dir=\"ltr\"><span class=\"qwen-markdown-text\">Avec Francis Veber, il trouve un complice de g\u00e9nie pour explorer ses failles comiques. Dans <\/span><em class=\"qwen-markdown-em\" dir=\"ltr\"><span class=\"qwen-markdown-text\">Le Placard<\/span><\/em><span class=\"qwen-markdown-text\"> (2001), puis dans <\/span><em class=\"qwen-markdown-em\" dir=\"ltr\"><span class=\"qwen-markdown-text\">La Doublure<\/span><\/em><span class=\"qwen-markdown-text\"> (2006), il incarne l&#8217;homme ordinaire, le &#8220;paillasson&#8221; sur lequel tout le monde s&#8217;essuie les pieds. Ce qui est remarquable dans ces r\u00f4les, c&#8217;est qu&#8217;Auteuil ne joue jamais le comique pour le comique. Il ne fait pas de grimaces. Il construit des personnages dont le ridicule na\u00eet de leur propre s\u00e9rieux, de leur maladresse, de leur d\u00e9sespoir d&#8217;\u00eatre invisibles. Il y a une m\u00e9lancolie sous le rire de Fran\u00e7ois Pignon, et c&#8217;est cette m\u00e9lancolie qui rend le personnage si attachant. Auteuil nous rappelle que la com\u00e9die, \u00e0 son plus haut niveau, n&#8217;est que la trag\u00e9die de ceux qui n&#8217;ont pas les moyens de pleurer.<\/span><\/div>\n<div class=\"qwen-markdown-space\"><\/div>\n<div class=\"qwen-markdown-hr\">\n<hr \/>\n<\/div>\n<h2 class=\"qwen-markdown-heading\" dir=\"ltr\"><span class=\"qwen-markdown-text\">Huiti\u00e8me partie \u2014 Les femmes \u00e0 l&#8217;\u00e9cran : une alchimie singuli\u00e8re<\/span><\/h2>\n<div class=\"qwen-markdown-paragraph\" dir=\"ltr\"><span class=\"qwen-markdown-text\">Dire que Daniel Auteuil &#8220;aime les femmes&#8221; \u00e0 l&#8217;\u00e9cran serait un euph\u00e9misme. Ce qui caract\u00e9rise ses partenariats f\u00e9minins, c&#8217;est une capacit\u00e9 d&#8217;\u00e9coute et d&#8217;effacement qui est la marque des tr\u00e8s grands acteurs. Il ne cherche jamais \u00e0 \u00e9craser sa partenaire, mais \u00e0 cr\u00e9er avec elle un espace commun o\u00f9 la tension dramatique ou amoureuse peut na\u00eetre.<\/span><\/div>\n<div class=\"qwen-markdown-space\"><\/div>\n<div class=\"qwen-markdown-paragraph\" dir=\"ltr\"><span class=\"qwen-markdown-text\">Avec Catherine Deneuve, il a form\u00e9 l&#8217;un des duos les plus int\u00e9ressants du cin\u00e9ma fran\u00e7ais des ann\u00e9es 1990, sous la direction d&#8217;Andr\u00e9 T\u00e9chin\u00e9. Dans <\/span><em class=\"qwen-markdown-em\" dir=\"ltr\"><span class=\"qwen-markdown-text\">Ma saison pr\u00e9f\u00e9r\u00e9e<\/span><\/em><span class=\"qwen-markdown-text\"> (1993), ils jouent un fr\u00e8re et une s\u0153ur qui se d\u00e9chirent autour de la maladie de leur m\u00e8re. Il n&#8217;y a aucune romance entre eux, mais une intimit\u00e9 familiale d&#8217;une violence inou\u00efe. Auteuil y est odieux, mesquin, et pourtant profond\u00e9ment humain. Deneuve, d&#8217;une froideur magn\u00e9tique, trouve en face d&#8217;elle un acteur qui ne la m\u00e9nage pas, qui la bouscule, qui la force \u00e0 sortir de sa retenue habituelle.<\/span><\/div>\n<div class=\"qwen-markdown-space\"><\/div>\n<div class=\"qwen-markdown-paragraph\" dir=\"ltr\"><span class=\"qwen-markdown-text\">Ils se retrouvent dans <\/span><em class=\"qwen-markdown-em\" dir=\"ltr\"><span class=\"qwen-markdown-text\">Les Voleurs<\/span><\/em><span class=\"qwen-markdown-text\"> (1996), cette fois dans un r\u00f4le plus ambigu, celui d&#8217;un policier dont on devine les failles. T\u00e9chin\u00e9, qui est un ma\u00eetre de la direction d&#8217;acteurs, utilise le contraste entre la noblesse de Deneuve et la rugosit\u00e9 d&#8217;Auteuil pour cr\u00e9er un malaise fascinant.<\/span><\/div>\n<div class=\"qwen-markdown-space\"><\/div>\n<div class=\"qwen-markdown-paragraph\" dir=\"ltr\"><span class=\"qwen-markdown-text\">Mais c&#8217;est avec Vanessa Paradis, dans <\/span><em class=\"qwen-markdown-em\" dir=\"ltr\"><span class=\"qwen-markdown-text\">La Fille sur le pont<\/span><\/em><span class=\"qwen-markdown-text\"> (1999), qu&#8217;il atteint peut-\u00eatre la plus grande puret\u00e9 dans le duo. Leconte, le r\u00e9alisateur, a eu l&#8217;intuition de les r\u00e9unir. Paradis est une actrice de l&#8217;instinct, de la fragilit\u00e9 apparente, de la lumi\u00e8re. Auteuil est l&#8217;homme de la terre, du poids, de la patience. Dans le film, ils ne se touchent presque pas. Tout passe par des regards, des silences, des non-dits. Auteuil y est d&#8217;une douceur infinie, presque paternelle, mais travers\u00e9e d&#8217;un d\u00e9sir contenu qui ne demande qu&#8217;\u00e0 s&#8217;\u00e9veiller. Il parvient \u00e0 \u00eatre le roc sur lequel elle peut s&#8217;appuyer sans se briser.<\/span><\/div>\n<div class=\"qwen-markdown-space\"><\/div>\n<div class=\"qwen-markdown-paragraph\" dir=\"ltr\"><span class=\"qwen-markdown-text\">Cette capacit\u00e9 \u00e0 \u00eatre le &#8220;r\u00e9v\u00e9lateur&#8221; des actrices qu&#8217;il c\u00f4toie est sans doute l&#8217;une de ses plus grandes qualit\u00e9s. Qu&#8217;il joue face \u00e0 Emmanuelle B\u00e9art, Sandrine Bonnaire, Nathalie Baye ou Juliette Binoche, il parvient toujours \u00e0 cr\u00e9er une alchimie o\u00f9 la femme \u00e0 l&#8217;\u00e9cran semble, pour un instant, enti\u00e8rement comprise par le personnage qu&#8217;il incarne.<\/span><\/div>\n<div class=\"qwen-markdown-space\"><\/div>\n<div class=\"qwen-markdown-hr\">\n<hr \/>\n<\/div>\n<h2 class=\"qwen-markdown-heading\" dir=\"ltr\"><span class=\"qwen-markdown-text\">Neuvi\u00e8me partie \u2014 La lumi\u00e8re du Sud : la Provence comme personnage<\/span><\/h2>\n<div class=\"qwen-markdown-paragraph\" dir=\"ltr\"><span class=\"qwen-markdown-text\">Si Paris est le lieu de travail de Daniel Auteuil, le Sud de la France est le lieu de son \u00e2me cin\u00e9matographique. N\u00e9 \u00e0 Alger, il a gard\u00e9 pour la M\u00e9diterran\u00e9e, pour sa lumi\u00e8re crue, pour ses paysages arides et ses ciels immenses, une fascination qui traverse toute son \u0153uvre.<\/span><\/div>\n<div class=\"qwen-markdown-space\"><\/div>\n<div class=\"qwen-markdown-paragraph\" dir=\"ltr\"><span class=\"qwen-markdown-text\">Bien s\u00fbr, il y a eu Pagnol. <\/span><em class=\"qwen-markdown-em\" dir=\"ltr\"><span class=\"qwen-markdown-text\">Jean de Florette<\/span><\/em><span class=\"qwen-markdown-text\"> et <\/span><em class=\"qwen-markdown-em\" dir=\"ltr\"><span class=\"qwen-markdown-text\">Manon des sources<\/span><\/em><span class=\"qwen-markdown-text\"> ont ancr\u00e9 son visage dans la garrigue, dans la poussi\u00e8re des chemins de Provence. Mais m\u00eame apr\u00e8s ces films fondateurs, il n&#8217;a cess\u00e9 d&#8217;y retourner.<\/span><\/div>\n<div class=\"qwen-markdown-space\"><\/div>\n<div class=\"qwen-markdown-paragraph\" dir=\"ltr\"><span class=\"qwen-markdown-text\">Dans <\/span><em class=\"qwen-markdown-em\" dir=\"ltr\"><span class=\"qwen-markdown-text\">Le Hussard sur le toit<\/span><\/em><span class=\"qwen-markdown-text\"> (1995), de Jean-Paul Rappeneau, bien que l&#8217;action se d\u00e9roule aussi dans les Alpes et en Italie, c&#8217;est une Provence ravag\u00e9e par le chol\u00e9ra qu&#8217;il traverse. Son Angelo Pardi est un aristocrate en exil, mais c&#8217;est dans ces paysages du Sud qu&#8217;il trouve sa libert\u00e9. La lumi\u00e8re de Rappeneau, qui transforme chaque plan en tableau, \u00e9pouse parfaitement le visage d&#8217;Auteuil, qui semble y gagner une \u00e9paisseur nouvelle.<\/span><\/div>\n<div class=\"qwen-markdown-space\"><\/div>\n<div class=\"qwen-markdown-paragraph\" dir=\"ltr\"><span class=\"qwen-markdown-text\">Plus tard, dans <\/span><em class=\"qwen-markdown-em\" dir=\"ltr\"><span class=\"qwen-markdown-text\">Jappeloup<\/span><\/em><span class=\"qwen-markdown-text\"> (2013), de Christian Duguay, c&#8217;est le monde \u00e9questre du Sud de la France qui sert de toile de fond \u00e0 son r\u00f4le de p\u00e8re. Et lorsqu&#8217;il d\u00e9cide de r\u00e9aliser lui-m\u00eame <\/span><em class=\"qwen-markdown-em\" dir=\"ltr\"><span class=\"qwen-markdown-text\">Marius<\/span><\/em><span class=\"qwen-markdown-text\"> et <\/span><em class=\"qwen-markdown-em\" dir=\"ltr\"><span class=\"qwen-markdown-text\">Fanny<\/span><\/em><span class=\"qwen-markdown-text\"> en 2013, c&#8217;est un retour aux sources, un hommage \u00e0 la terre de son enfance alg\u00e9rienne et \u00e0 la terre d&#8217;adoption de Pagnol. Il choisit de tourner \u00e0 Marseille, dans les vrais d\u00e9cors, avec la mer en arri\u00e8re-plan.<\/span><\/div>\n<div class=\"qwen-markdown-space\"><\/div>\n<div class=\"qwen-markdown-paragraph\" dir=\"ltr\"><span class=\"qwen-markdown-text\">Pour Auteuil, le Sud n&#8217;est pas un simple d\u00e9cor. C&#8217;est un \u00e9tat d&#8217;esprit. C&#8217;est le lieu o\u00f9 les passions sont plus violentes, o\u00f9 la chaleur rend les hommes plus brutaux mais aussi plus sinc\u00e8res. C&#8217;est le lieu de l&#8217;eau qui manque (<\/span><em class=\"qwen-markdown-em\" dir=\"ltr\"><span class=\"qwen-markdown-text\">Jean de Florette<\/span><\/em><span class=\"qwen-markdown-text\">), du chol\u00e9ra qui tue (<\/span><em class=\"qwen-markdown-em\" dir=\"ltr\"><span class=\"qwen-markdown-text\">Le Hussard<\/span><\/em><span class=\"qwen-markdown-text\">), de l&#8217;amour qui d\u00e9borde (<\/span><em class=\"qwen-markdown-em\" dir=\"ltr\"><span class=\"qwen-markdown-text\">Marius<\/span><\/em><span class=\"qwen-markdown-text\">). En y retournant sans cesse, il ne fait pas que tourner des films : il cherche \u00e0 capter cette lumi\u00e8re particuli\u00e8re qui, dit-on, rend les acteurs plus vrais.<\/span><\/div>\n<div class=\"qwen-markdown-space\"><\/div>\n<div class=\"qwen-markdown-hr\">\n<hr \/>\n<\/div>\n<h2 class=\"qwen-markdown-heading\" dir=\"ltr\"><span class=\"qwen-markdown-text\">Dixi\u00e8me partie \u2014 Le cr\u00e9puscule lumineux : vieillir face \u00e0 la cam\u00e9ra<\/span><\/h2>\n<div class=\"qwen-markdown-paragraph\" dir=\"ltr\"><span class=\"qwen-markdown-text\">Que fait un grand acteur quand il atteint la soixantaine, puis la soixante-dixaine ? Beaucoup se retirent, ou se contentent de r\u00f4les de patriarches sages et distanci\u00e9s. Daniel Auteuil, lui, a choisi de vieillir devant nous, sans fard, sans tricher, en acceptant que son visage change, se marque, se fatigue.<\/span><\/div>\n<div class=\"qwen-markdown-space\"><\/div>\n<div class=\"qwen-markdown-paragraph\" dir=\"ltr\"><span class=\"qwen-markdown-text\">Cette acceptation de l&#8217;\u00e2ge a trouv\u00e9 son apog\u00e8se dans sa collaboration r\u00e9cente avec Fran\u00e7ois Ozon. Dans <\/span><em class=\"qwen-markdown-em\" dir=\"ltr\"><span class=\"qwen-markdown-text\">Quand vient l&#8217;automne<\/span><\/em><span class=\"qwen-markdown-text\"> (2023), Auteuil incarne un homme \u00e2g\u00e9 qui se retrouve au c\u0153ur d&#8217;une intrigue familiale et polici\u00e8re. Loin du h\u00e9ros invuln\u00e9rable, il y est un homme fragile, dont le corps commence \u00e0 le trahir, dont la m\u00e9moire joue des tours, et qui se retrouve confront\u00e9 \u00e0 la finitude. Ozon, qui aime filmer ses acteurs dans leur v\u00e9rit\u00e9 la plus nue, capte sur le visage d&#8217;Auteuil une m\u00e9lancolie magnifique. Il n&#8217;y a aucune coquetterie dans ce r\u00f4le, seulement la dignit\u00e9 d&#8217;un homme qui sait que le temps lui est compt\u00e9.<\/span><\/div>\n<div class=\"qwen-markdown-space\"><\/div>\n<div class=\"qwen-markdown-paragraph\" dir=\"ltr\"><span class=\"qwen-markdown-text\">La m\u00eame ann\u00e9e, dans <\/span><em class=\"qwen-markdown-em\" dir=\"ltr\"><span class=\"qwen-markdown-text\">Mon crime<\/span><\/em><span class=\"qwen-markdown-text\">, toujours d&#8217;Ozon, il retrouve la com\u00e9die. Il y joue un avocat v\u00e9reux, us\u00e9, cynique, qui d\u00e9fend une jeune actrice accus\u00e9e de meurtre. C&#8217;est un r\u00f4le de composition, o\u00f9 il retrouve le plaisir du texte cinglant, du timing comique, de la m\u00e9chancet\u00e9 dr\u00f4le. Il y est d\u00e9licieusement odieux, prouvant que l&#8217;\u00e2ge ne lui a rien enlev\u00e9 de sa vivacit\u00e9 d&#8217;esprit ni de son sens de la repartie.<\/span><\/div>\n<div class=\"qwen-markdown-space\"><\/div>\n<div class=\"qwen-markdown-paragraph\" dir=\"ltr\"><span class=\"qwen-markdown-text\">Vieillir \u00e0 l&#8217;\u00e9cran est un exercice terrible pour un acteur. La cam\u00e9ra est impitoyable avec les chairs qui tombent, les regards qui se voilent, les gestes qui se ralentissent. Mais Auteuil a compris depuis longtemps que le cin\u00e9ma n&#8217;est pas l&#8217;art de la beaut\u00e9 \u00e9ternelle, mais celui de la v\u00e9rit\u00e9. Et la v\u00e9rit\u00e9 d&#8217;un homme de soixante-quinze ans n&#8217;est pas la m\u00eame que celle d&#8217;un homme de trente ans.<\/span><\/div>\n<div class=\"qwen-markdown-space\"><\/div>\n<div class=\"qwen-markdown-paragraph\" dir=\"ltr\"><span class=\"qwen-markdown-text\">Aujourd&#8217;hui, quand Daniel Auteuil appara\u00eet \u00e0 l&#8217;\u00e9cran, le spectateur ne voit plus seulement le personnage. Il voit aussi l&#8217;acteur, le survivant de cinquante ans de cin\u00e9ma, l&#8217;homme qui a connu la gloire, les doutes, les amours, les deuils. Et c&#8217;est cette superposition de l&#8217;homme et du personnage, cette \u00e9paisseur du temps accumul\u00e9 dans les rides et dans le regard, qui rend sa pr\u00e9sence aujourd&#8217;hui plus pr\u00e9cieuse que jamais. Il n&#8217;est plus seulement un acteur qui joue des r\u00f4les. Il est devenu, \u00e0 son corps d\u00e9fendant, une m\u00e9moire vivante du cin\u00e9ma fran\u00e7ais.<\/span><\/div>\n<div dir=\"ltr\"><\/div>\n<h2 dir=\"ltr\"><a href=\"https:\/\/nextstoryus.com\/?p=6596\">CLIQUEZ ICI POUR CONTINUER LA LECTURE AVEC LA \ud83d\udc49PARTIE 3- Premi\u00e8re partie \u2014 L&#8217;enfant d&#8217;Alger : la musique avant le cin\u00e9ma &#8230;.<\/a><\/h2>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Pour aller plus loin dans l&#8217;exploration de cette filmographie et de cette vie si denses, voici cinq nouvelles parties. 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